21.02.2009
Communauté, je vous hais !
Bruno Bisaro / Poursuite des entretiens imaginaires
(A l’attention de Pierre Salducci)
Irène Laborieuse : Que penses-tu de la communauté gay et lesbienne (ou communauté LGBT) ?
Bruno Bisaro : C’est un fantasme. Un fantasme agissant comme la réalité d’un fantasme.
Irène Laborieuse : Même du temps de l’oppression ?
Bruno Bisaro : Dans une situation d’oppression, les choses sont bien évidemment très différentes. Une révolutionnaire apatride (c’est ainsi qu’elle se définissait elle-même) me disait récemment : « on dit parfois des révolutions qu’elles s’achèvent toutes par la violence, je crois au contraire qu’elles commencent toutes par la violence ».
Irène Laborieuse : Existe-t-il une culture gay et lesbienne ?
Bruno Bisaro : Il existe un culte gay et lesbien comme il existe un culte de la famille. Ce culte doit pouvoir se perpétuer… La religion gay et lesbienne est une religion comme une autre. C’est une religion chrétienne comme l’athéisme ou le communisme… Dalida et Madonna ont remplacé la vierge Marie et le corps du Christ débarrassé de son linceul n’est plus qu’un sexe en érection. Comme l’église romaine, c’est une secte intolérante et barbare. Elle survit dans la peur de l’Islam et dans la peur des femmes.
Irène Laborieuse : Que veux-tu dire ?
Bruno Bisaro : Je veux dire, Irène, que sur un plan purement théologique et théorique, la religion musulmane est plus respectueuse des femmes et des homosexuels que ne le sont les autres religions monothéistes. Islam et homosexualité sont antinomiques relativement ; catholicisme et homosexualité le sont de manière absolue.
Irène Laborieuse : Es-tu un défenseur de la laïcité ?
Bruno Bisaro : De la laïcité, absolument. C’est pourquoi, je ne peux que m’opposer au communautarisme laïc, le laïcisme, surtout comme religion d’Etat.
Irène Laborieuse : Regrettes-tu avec Pierre Salducci la disparition de la littérature gay et lesbienne ?
Bruno Bisaro : Oui, parce qu’elle a disparu pour de mauvaises raisons. Elle n’est pas morte de sa belle mort, en quelque sorte. J’ai le sentiment d’être orphelin ou de mourir assassiné. La disparition de la littérature gay et lesbienne signifie pour moi le triomphe du communautarisme en général et du communautarisme gay et lesbien en particulier. Celles et ceux qui s’en réjouissent aujourd’hui au nom de la littérature et du non qualifiable (le quantifiable) confondent le propre et le figuré : ils « rasent » les murs mais d’une drôle de façon. De près, c’est un monde de zigzags dénué de sens commun et de poésie. Le rêve est terminé.
22:41 Publié dans Réflexes et réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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